Je poursuis mes anecdotes sur le personnage de Mahdi Sinwë qui m'inspire bien. n_n
À l'ombre du papayer
C’était une journée aussi banale que les autres pour Mahdi.
Bien qu’il ne pût désormais plus le voir s’en aller, Mahdi sentait sa peau se rafraîchir, au fur et à mesure que le soleil se couchait. Mais cela ne l’empêchait pas de continuer de s’occuper de son champ et de ses plantations, même à la tombée de la nuit. Il en connaissait chaque recoin, chaque chemin. Il savait exactement où se situait chaque variété de plante, de légume, de fruit. Il pouvait également déceler leur état, ce dont chaque plante avait besoin, à la fois grâce au toucher mais aussi à une sorte d’odorat, qu’il avait fini par développer au fur et à mesure que sa vue déclinait. Au point même où ses amis, ayant peu la main verte, lui confiaient leurs plantes « mourantes », étant sûrs que Mahdi avait de meilleures capacités pour les raviver.
Tandis qu’il arrivait à l’un de ses papayers, pour ramasser quelques payagas sucrés, il s’arrêta net. Quelque chose – ou quelqu’un – l’observait. Il inspira un peu plus fort. Un animal. Il pouvait déceler une sorte de crainte. Et en même temps de la solitude, comme si l’être en question se sentait… perdu. Il était perdu. Perdu et effrayé. Intrigué, Mahdi avança dans la direction que ses sens semblaient lui indiquer. Petit à petit, grâce à son odorat aiguisé, il sentait que la présence en question était assez petite. Afin de paraître moins « menaçant », Mahdi se mit accroupi, avant de finalement tendre la main doucement.
— N’aie pas peur. Je ne te ferai aucun mal.
Aucun mouvement en guise de réponse. Il retente.
— Je m’appelle Mahdi. Je cultive pas mal de fruits, notamment pour tes copains. Tu en veux un ?
Quelques pas s’avancèrent finalement, et un museau se frotta à la paume de Mahdi. Sa main se posa doucement sur la tête de l’animal, qui eut un bref mouvement de recul, avant de finalement se laisser faire.
— Tu es perdu ?
Il n’eut qu’un gémissement en guise de réponse, avant que l’animal ne se lova contre lui. Il semblait encore si petit. Il pouvait entendre son cœur, qui commençait doucement à se calmer, au fur et à mesure des caresses. En balayant sa tête de sa paume, Mahdi toucha l’une des cornes de l’animal. Il reteint sa surprise pour ne pas l’effrayer, mais grâce à la forme particulière de sa corne, semblable à celle d’un chandelier, il avait pu reconnaître qu’il s’agissait d’un Yakadlle. Au vu de sa taille, il s’agissait d’un bébé. Et au vu de ses origines, il était complètement égaré. Mahdi le prit dans ses bras.
— Je vais te donner à manger. Demain nous irons voir une amie qui s’y connaît bien en familiers. On t’aidera à retrouver les tiens.
Il lui lécha la joue, sous le rire de Mahdi, qui prit cela pour un remerciement.
Mais le Yakadlle savait qu’il venait de trouver sa nouvelle maison.